Multi-sociétés

Holding et société d’exploitation : suivre la trésorerie des deux sans compter deux fois

Management fees, dividendes, compte courant d’associés : les flux entre votre holding et votre société d’exploitation gonflent les chiffres du groupe. Voici comment les repérer et lire la vraie activité.

·7 min de lecture·Par l'équipe Comptabilities

Une holding qui détient votre société d’exploitation, c’est souvent le premier montage qu’on vous conseille dès que l’activité décolle. Le jour où vous voulez savoir combien le groupe a vraiment en banque, une question simple devient piégeuse : une partie de l’argent fait des allers-retours entre les deux sociétés.

La réponse courte

La trésorerie d’un groupe holding + exploitation, c’est la somme des soldes bancaires des deux sociétés, convertis dans une même devise. Les flux entre elles (management fees, dividendes, avances en compte courant) ne créent ni ne détruisent d’argent pour le groupe : ils doivent être repérés et mis à part quand vous analysez les recettes et les dépenses, sinon vous les comptez deux fois.

Les 4 flux qui circulent entre une holding et sa filiale

  1. Les management fees. La holding facture des prestations (direction, stratégie, services partagés) à la société d’exploitation. Dépense pour l’une, recette pour l’autre.
  2. Les dividendes. La société d’exploitation distribue une partie de son bénéfice à la holding.
  3. Le compte courant d’associés. Une société avance de l’argent à l’autre, puis se fait rembourser. Ce n’est ni une recette ni une dépense : c’est un prêt.
  4. Les refacturations. Un abonnement, un loyer ou un salaire payé par une société pour le compte de l’autre, puis refacturé.

Chacun de ces flux est parfaitement légitime. Le problème n’est pas leur existence, c’est la façon dont ils apparaissent dans vos chiffres.

Pourquoi votre vue groupe est souvent fausse

Prenons un exemple simple. La société d’exploitation encaisse 30 000 € de ventes ce mois-ci. Elle verse 6 000 € de management fees à la holding.

  • Si vous additionnez les recettes des deux sociétés, vous obtenez 36 000 €. Le groupe n’a pourtant vendu que 30 000 € à l’extérieur.
  • Si vous additionnez les dépenses, les 6 000 € apparaissent comme une charge du groupe alors qu’aucun euro n’est sorti du groupe.
  • Le solde bancaire total, lui, est juste : 6 000 € ont quitté un compte pour arriver dans l’autre.

C’est toute la subtilité : la trésorerie est juste, mais l’analyse des recettes et des dépenses est gonflée. Plus vous avez de flux internes, plus l’écart grandit, et plus vos indicateurs (marge, poids des charges, rentabilité par activité) deviennent trompeurs.

La méthode en 3 étapes

1. Donner une catégorie dédiée aux flux internes

Créez une catégorie « Flux intra-groupe » (ou une par type : management fees, dividendes reçus, compte courant). Chaque mouvement entre vos sociétés y est rangé, des deux côtés. Vous pourrez alors l’exclure d’un clic de l’analyse du groupe, tout en le gardant visible dans la vue de chaque société.

2. Relier les deux côtés du même mouvement

Un virement de 6 000 € sort de la société d’exploitation le 3, et 6 000 € arrivent sur la holding le 3 ou le 4. Ce sont les deux faces du même mouvement. Les relier évite deux erreurs classiques : un virement interne oublié d’un côté, ou le même montant classé différemment dans chaque société.

3. Lire deux vues, pas une

  • La vue de chaque société, flux internes compris : c’est celle dont votre expert-comptable et votre banquier ont besoin.
  • La vue du groupe, flux internes exclus : c’est celle qui vous dit ce que le groupe gagne et dépense réellement face au monde extérieur.
Le test à faire ce soir : additionnez les recettes de vos deux sociétés sur le dernier trimestre, puis retirez les management fees et les dividendes. Si l’écart dépasse 10 %, vos tableaux de bord actuels surestiment l’activité du groupe.

Le compte courant d’associés, ce faux ami

Une avance en compte courant ressemble à une dépense quand elle part et à une recette quand elle revient. Si elle est classée comme telle, votre résultat du mois est faux deux fois. Rangez-la à part, et suivez son solde dans le temps : c’est une dette d’une société envers l’autre, utile à connaître avant de décider d’un remboursement ou d’une distribution.

Le traitement fiscal et juridique de ces flux (convention de trésorerie, taux d’intérêt, régime des dividendes) relève de votre expert-comptable ou de votre avocat. Cet article ne traite que du suivi au quotidien.

Si c’est vous qui présentez ces chiffres au dirigeant

Un chiffre d’affaires gonflé par les management fees passe une fois. Le jour où l’écart apparaît, c’est la confiance dans tous vos chiffres qui en prend un coup. Présentez toujours les deux vues côte à côte, et ajoutez une phrase : « ce mois-ci, 6 000 € ont circulé entre les deux sociétés, ils ne sont ni gagnés ni dépensés par le groupe ». Le dirigeant comprend, et il sait que vous maîtrisez le sujet.

Ce que fait Comptabilities

Vos deux sociétés vivent dans le même espace. Vous voyez le solde du groupe ou celui d’une seule société en un clic, chaque ligne porte sa société, et une catégorie de flux interne se retire de l’analyse du groupe sans disparaître de la vue de la société. Vous pouvez aussi poser la question directement à Claude ou à ChatGPT : « combien la holding a-t-elle reçu de la société d’exploitation cette année ? ».

Pour aller plus loin : le suivi de plusieurs sociétés dans Comptabilities, ou notre guide pour suivre la trésorerie de plusieurs sociétés. Vous êtes le bras droit qui prépare ces chiffres ? Voyez Comptabilities pour les bras droits et OBM, ou essayez gratuitement pendant 15 jours.

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